Histoire d'Alep : cinq millénaires de civilisations superposées

L'histoire d'Alep commence au IIIe millénaire avant notre ère. Des tablettes cunéiformes découvertes à Ebla, cité voisine fouillée à partir de 1964, mentionnent Alep sous le nom de Halab dès 2400 avant J.-C. La ville était alors capitale du royaume hourrite de Yamkhad, une puissance régionale qui résista aux armées de Babylone avant de tomber sous les Hittites vers 1600 avant J.-C. Cette profondeur historique, rare même à l'échelle du Moyen-Orient, explique la densité du patrimoine archéologique alépine.

De l'Antiquité à l'empire ottoman

Alexandre le Grand prit Alep en 333 avant J.-C. sans combat. Sous les Séleucides, la ville fut rebaptisée Béroé et accueillit une importante population grecque. Puis vinrent les Romains, les Byzantins, les Arabes en 637 de notre ère, les Croisés, les Mongols, les Mamelouks. L'empire ottoman s'empara d'Alep en 1516 et y fit régner deux siècles de prospérité commerciale. C'est sous la domination ottomane qu'Alep devint la troisième ville de l'empire, avec une population diverse mêlant Arabes, Turcs, Arméniens, Grecs, Juifs et marchands européens.

La citadelle et le patrimoine moderne

La citadelle syrienne d'Alep, que l'on peut voir aujourd'hui, a été construite principalement au XIIIe siècle par les Ayyoubides, successeurs de Saladin. Elle s'élève sur une colline artificielle haute de 50 mètres et large de 450 mètres, dont l'occupation remonte à l'âge du bronze. L'UNESCO a inscrit la vieille ville d'Alep au patrimoine mondial en 1986, reconnaissant l'exceptionnelle continuité de cette agglomération urbaine. Les cinq mille ans d'histoire d'Alep ne sont pas seulement un chiffre symbolique : ils se lisent dans les couches archéologiques de la citadelle, dans les pierres réutilisées des mosquées et dans les noms des rues de la vieille ville.

Derniers articles

Articles qui pourraient vous intéresser