La culture Alep s'est construite au fil des siècles à la croisée de civilisations qui ont toutes laissé leur empreinte : Hourrites, Hittites, Grecs, Romains, Arabes, Byzantins, Croisés, Ottomans et Arméniens ont tour à tour dominé, occupé ou traversé cette ville. Chacun a ajouté une couche à son architecture, sa langue, sa cuisine et ses pratiques artisanales. Le résultat est une identité culturelle d'une complexité et d'une richesse exceptionnelles, reconnue par l'UNESCO qui a inscrit la vieille ville au patrimoine mondial en 1986.
Le souk, la citadelle et le savon
Trois éléments symbolisent la culture d'Alep mieux que tout autre. La citadelle, massif de pierre qui domine la ville du haut d'une colline artificielle haute de 50 mètres, a été construite et remaniée sur deux millénaires, des Hittites aux Ayyoubides. Le souk al-Madina, labyrinthe de 13 kilomètres de galeries couvertes datant principalement du XIIIe siècle, abritait des centaines de métiers organisés en quartiers spécialisés. Le savon d'Alep enfin, fabriqué à l'huile d'olive et aux baies de laurier selon un procédé de saponification à chaud documenté depuis le Ier siècle, est le savon le plus ancien du monde encore produit selon la méthode traditionnelle.
Musique, broderie et mémoire vivante
La tradition alépine se perpétue aussi dans la musique : le muwashshah, chant arabe savant né à Alep, est l'une des formes musicales les plus sophistiquées de la culture arabe classique. La broderie aux fils d'or sur soie et velours, les mosaïques de nacre incrustées dans le bois de noyer, les tapis noués à la main : autant de savoir-faire qui constituent le patrimoine syrien immatériel de cette ville. Beaucoup de ces traditions continuent de vivre grâce aux artisans réfugiés qui les perpétuent hors de Syrie, en Turquie, au Liban, en Europe et en Amérique du Nord.








